Techniques naturelles

Comment faire une bouture de laurier-sauce qui reprend vraiment ?

Marie
Marie
juin 15, 2026 6 min Mis a jour le juin 16, 2026
Mains plantant une bouture de laurier en pot

Vous avez un beau laurier-sauce dans votre jardin et vous aimeriez en multiplier les plants sans dépenser un sou ? La bouture est exactement ce qu’il vous faut — pour d’autres techniques, voyez comment réussir la bouture d’hibiscus. C’est une méthode de multiplication accessible, qui demande peu de matériel et qui offre un taux de réussite élevé quand on respecte quelques principes de base. Pas besoin d’être un pro du jardinage : avec les bons gestes et le bon timing, vous aurez de nouveaux pieds de Laurus nobilis en quelques semaines.

Ce qui fait souvent la différence entre une bouture qui démarre et une qui stagne, c’est la période de prélèvement, le choix des tiges et surtout la technique à l’étouffée, qui recrée l’atmosphère humide dont les racines ont besoin pour se développer. On va voir ensemble comment faire concrètement.

Quand bouturer le laurier-sauce ?

La période idéale pour bouturer le laurier-sauce se situe entre la mi-août et la fin septembre. À ce moment-là, les rameaux de l’année ont commencé à durcir : on parle de tiges semi-aoûtées. Elles ne sont ni trop tendres (elles pourriraient facilement) ni trop lignifiées (elles mettraient trop de temps à s’enraciner).

En fin d’été, la plante concentre encore de l’énergie dans ses tiges, ce qui favorise l’enracinement. L’automne reste possible aussi, mais plus on s’approche des premiers froids, plus il faudra protéger les boutures à l’intérieur ou sous abri.

Quelques jardiniers tentent aussi le bouturage au printemps, mais le taux de réussite est généralement moins élevé. La reprise est plus lente et demande plus de surveillance. Si vous débutez, privilégiez vraiment la fin d’été.

Bon à savoir : Les boutures de laurier-sauce enracinent en moyenne en 4 à 8 semaines sous conditions d’humidité et de température favorables. Patience et suivi régulier font partie du jeu.

Matériel nécessaire pour réussir le bouturage

Avant de prélever vos boutures, rassemblez le matériel. Rien de compliqué, mais chaque élément a son importance :

  • Un sécateur bien aiguisé et désinfecté : une coupe franche limite les blessures sur la tige.
  • Des godets ou pots en terre cuite : la terre cuite respire mieux, ce qui aide à éviter l’excès d’humidité stagnante.
  • Du gravier ou des billes d’argile : placés au fond du pot, ils assurent un bon drainage.
  • Un substrat léger et drainant : mélangez moitié terreau, moitié sable de rivière. Certains ajoutent un peu de perlite pour alléger encore plus.
  • De l’hormone de bouturage (optionnelle mais recommandée) : elle accélère la formation des racines.
  • Un sac plastique transparent ou une bouteille coupée : indispensable pour créer l’atmosphère humide nécessaire à l’enracinement.

Tout ce matériel se trouve facilement en jardinerie ou se récupère à la maison. L’important, c’est de tout préparer avant de commencer, pour aller vite une fois les tiges coupées.

Comment préparer et réaliser les boutures ?

Mains coupant une tige verte sur arbuste sain

Prélèvement et préparation des tiges

Choisissez des tiges de 10 à 15 cm de long, prélevées sur des rameaux de l’année en bonne santé. Évitez les branches trop jeunes et tendres, ou au contraire trop vieilles et dures. La tige semi-aoûtée, c’est celle qui plie sans casser : elle a encore un peu de souplesse, mais commence à se solidifier.

Coupez en biseau juste sous un nœud (l’endroit où partent les feuilles). Le nœud contient des cellules qui facilitent l’enracinement. Retirez ensuite les feuilles du bas sur les deux tiers de la tige : vous ne gardez que quelques feuilles au sommet pour limiter l’évaporation.

Si vous utilisez de l’hormone de bouturage, trempez la base de la tige dedans juste avant la plantation. Un petit geste qui fait souvent la différence.

Plantation et arrosage

Remplissez vos godets avec le mélange terreau-sable préparé. Tassez légèrement pour éviter les poches d’air, puis faites un trou avec un crayon ou un bâtonnet. Plantez la bouture sur environ un tiers de sa longueur, puis tassez doucement autour pour bien stabiliser.

Arrosez généreusement après la plantation. Le substrat doit être humide mais pas détrempé. L’eau aide à bien coller la terre autour de la tige et démarre le processus d’enracinement.

Bouturage à l’étouffée : créer l’atmosphère idéale

C’est LA technique qui change tout pour le laurier-sauce. Le bouturage à l’étouffée consiste à enfermer la bouture sous un plastique transparent ou une cloche pour maintenir une atmosphère humide constante. Sans cette humidité, les feuilles perdent de l’eau plus vite que la tige ne peut en absorber (puisqu’elle n’a pas encore de racines), et la bouture se dessèche.

Vous pouvez utiliser un sac plastique transparent posé sur des tuteurs pour former une petite serre, ou simplement couper une bouteille en plastique que vous placez par-dessus le godet. L’idée, c’est de garder l’humidité sans que le plastique touche directement les feuilles.

Placez vos boutures à la lumière, mais jamais en plein soleil direct : la chaleur sous le plastique monterait trop vite et cuirait littéralement les jeunes pousses. Un rebord de fenêtre orienté nord ou est fait l’affaire.

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Astuce : Aérez le plastique 5 à 10 minutes tous les deux jours pour éviter la moisissure. Un petit geste qui prévient bien des déconvenues.

Suivi et repiquage des boutures

Pendant les premières semaines, surveillez l’humidité du substrat et consultez nos conseils pour arroser les plantes pendant les vacances. Il doit rester frais mais jamais gorgé d’eau. Si des goutelettes se forment en continu sur le plastique, c’est bon signe. Si le substrat sèche, arrosez légèrement en pluie fine.

Après 4 à 8 semaines, vous commencerez à voir des signes de reprise : nouvelles feuilles au sommet, résistance quand vous tirez doucement sur la tige. Cela signifie que les racines se développent. Vous pouvez alors retirer progressivement le plastique, d’abord quelques heures par jour, puis définitivement.

Le repiquage en pleine terre ou en pot plus grand se fait quand les racines remplissent bien le godet, généralement au printemps suivant si vous avez bouturé en fin d’été. Acclimatez progressivement vos jeunes plants à l’extérieur avant de les installer définitivement.

Transplantez dans un sol riche, bien drainé, en situation ensoleillée ou mi-ombragée. Le laurier-sauce apprécie la chaleur et déteste l’eau stagnante. Un bon drainage reste la clé, surtout en hiver.

Erreur à éviter : Ne repiquez pas trop tôt. Des racines trop courtes supportent mal le stress du repiquage. Attendez que le système racinaire soit bien formé avant de manipuler la bouture.

Vous voyez, le bouturage du laurier-sauce n’a rien de sorcier. Ça demande un peu de méthode, un bon timing et surtout cette fameuse technique à l’étouffée qui fait toute la différence. Une fois que vous avez compris le principe, vous pouvez multiplier vos plants à volonté et même en offrir autour de vous. C’est gratifiant, économique et tellement satisfaisant de voir ses boutures prendre racine.

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Marie
Ecrit par

Marie

Éditrice en chef
Spécialiste des cultures potagères et des pratiques agroécologiques, elle décrypte les enjeux du jardinage moderne avec rigueur et douceur. Ses articles allient observation de terrain et respiration saisonnière, pour que chaque lecteur trouve sa place au potager.

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