Cultures et légumes

Bouturer un framboisier : les techniques simples qui fonctionnent vraiment

Marie
Marie
juin 28, 2026 8 min Mis a jour le juin 16, 2026
Mains plantant une tige de framboisier dans terre

Vous avez un framboisier qui produit à merveille et vous aimeriez le multiplier sans dépenser un sou ? La bouture de framboisier est exactement ce qu’il vous faut. Cette méthode de multiplication, accessible même aux débutants, comme la bouture d’hortensia, permet de créer plusieurs plants vigoureux à partir d’un seul pied mère. Tiges, racines ou drageons : chaque technique a ses avantages.

💡 Bon à savoir
Un framboisier en bonne santé produit entre 5 et 10 drageons par an. Ces rejets spontanés représentent autant de plants potentiels pour agrandir votre verger ou partager avec vos voisins.

Quand bouturer un framboisier ?

La période optimale pour bouturer varie selon la technique choisie. Pour les boutures de racines, privilégiez la fin de l’automne ou le début de l’hiver, entre novembre et février, quand la plante est en repos végétatif. La sève circule moins, ce qui limite les risques de dessèchement des tronçons.

Le bouturage de tiges se pratique plutôt à la fin de l’été ou au début de l’automne, d’août à octobre. À ce moment-là, les tiges de l’année sont aoûtées (le bois a durci) mais encore jeunes, avec une belle capacité d’enracinement. Vous reconnaîtrez une tige prête : elle plie sans casser net.

Pour le drageonnage, le printemps (mars-avril) et l’automne (septembre-octobre) sont les deux fenêtres idéales. Les drageons sont assez développés et l’humidité naturelle de ces saisons favorise la reprise après transplantation.

Les 3 méthodes de bouturage du framboisier

Chaque méthode présente des avantages spécifiques. Votre choix dépendra du matériel disponible et de votre niveau de confort avec les gestes de jardinage.

Bouture de racines

C’est la technique qui donne les plants les plus vigoureux. Elle consiste à prélever des tronçons de racines pour les faire développer en nouveaux pieds indépendants.

Repérez une racine de la grosseur d’un crayon (5 à 8 mm de diamètre). Coupez des segments de 8 à 10 cm avec un sécateur bien affûté et désinfecté. Faites une coupe droite du côté proche de la plante mère et une coupe en biais à l’autre extrémité : vous saurez ainsi dans quel sens planter chaque tronçon.

Disposez les morceaux de racines à l’horizontale dans une caissette remplie d’un mélange de terreau et de sable (50/50), en les recouvrant de 2 cm de substrat. Maintenez une humidité constante sans détremper. Les bourgeons se développeront dès le printemps.

Bouture de tiges

Cette méthode est la plus accessible pour débuter, comme la bouture de figuier. Prélevez une tige aoûtée de l’année en cours, d’environ 15 cm de longueur. Choisissez une canne saine, sans signe de maladie ni de dessèchement.

Retirez les feuilles du bas pour ne garder que 2 ou 3 feuilles au sommet (ou attendez l’automne quand le feuillage tombe naturellement). Trempez la base dans de l’hormone de bouturage pour stimuler l’enracinement, même si ce n’est pas obligatoire.

Plantez la bouture de tiges dans un pot individuel rempli de terreau léger. Enfoncez environ un tiers de la tige. Placez le tout sous mini-serre ou couvrez d’un sac plastique transparent pour maintenir l’humidité. Aérez régulièrement pour éviter la pourriture.

Le drageonnage

Le drageonnage consiste à prélever les drageons qui poussent naturellement autour du pied mère. Ces rejets possèdent déjà un début de système racinaire, ce qui facilite grandement leur reprise.

Repérez un drageon vigoureux d’au moins 20 cm de haut, éloigné de 30 à 40 cm du pied principal. Avec une bêche bien aiguisée, tranchez la racine qui le relie à la plante mère en conservant un maximum de racines. Prélevez-le avec sa motte de terre.

Replantez immédiatement en pot ou en pleine terre. Cette technique offre un taux de réussite très élevé et vous obtenez un plant déjà bien formé dès la première année.

https://www.youtube.com/watch?v=gcAOvp6mIhw

Matériel et substrat nécessaires

Table de jardin avec outils de jardinage et pots

Pour réussir vos boutures, rassemblez le bon équipement avant de commencer. Vous aurez besoin de :

  • Un sécateur propre et bien affûté
  • De l’alcool à 70° ou de l’eau de Javel diluée pour la désinfection des outils
  • Des pots individuels percés (10-12 cm de diamètre)
  • Du terreau de bouturage ou un mélange terreau/sable à parts égales
  • Hormones de bouturage (facultatif mais utile pour les tiges)
  • Une mini-serre, des bouteilles en plastique coupées ou du film transparent
  • Un vaporisateur pour maintenir l’humidité

Le substrat doit être léger et drainant pour favoriser l’enracinement tout en retenant assez d’humidité. Un mélange de 50% de terreau universel et 50% de sable horticole ou de perlite convient parfaitement. Évitez les terres trop riches qui favoriseraient le développement du feuillage au détriment des racines.

⚠️ Désinfection : le geste qui change tout
Passez votre sécateur à l’alcool entre chaque coupe. Cette simple précaution élimine les risques de transmission de maladies d’une plante à l’autre et multiplie vos chances de réussite.

Étapes du bouturage pas à pas

Quelle que soit la méthode choisie, quelques principes restent constants. Travaillez tôt le matin quand les tissus végétaux sont bien hydratés. Préparez tout votre matériel à l’avance pour manipuler rapidement les boutures.

Pour la bouture de racines :

  1. Dégagez délicatement la terre autour du pied mère
  2. Prélevez quelques racines de 5 à 8 mm de diamètre
  3. Coupez des segments de 8 à 10 cm (droit/biais)
  4. Disposez-les horizontalement dans le substrat
  5. Recouvrez de 2 cm de terreau
  6. Arrosez en pluie fine et maintenez humide

Pour la bouture de tiges :

  1. Sélectionnez une tige aoûtée de 15 cm environ
  2. Supprimez les feuilles du bas
  3. Trempez la base dans l’hormone de bouturage
  4. Plantez dans un pot de terreau léger
  5. Tassez légèrement autour de la tige
  6. Couvrez pour maintenir l’humidité
  7. Placez à mi-ombre, jamais en plein soleil

L’enracinement prend généralement 4 à 8 semaines. Vous saurez que la bouture a pris lorsqu’une résistance se fait sentir en tirant légèrement dessus, ou quand de nouvelles pousses apparaissent.

Transplanter et entretenir vos jeunes plants

Une fois les racines bien développées, vos jeunes plants sont prêts pour la transplantation. Attendez qu’ils mesurent au moins 15 cm et montrent plusieurs feuilles vigoureuses avant de les installer en pleine terre.

Choisissez un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre avec un sol riche et bien drainé. Les framboisiers détestent l’eau stagnante. Creusez des trous espacés de 40 à 50 cm pour les variétés remontantes, 60 cm pour les non-remontantes.

Arrosez régulièrement la première année pour accompagner l’enracinement, surtout en période sèche. Un paillis organique de 5 à 7 cm d’épaisseur autour des plants conserve la fraîcheur du sol et limite les adventices.

Les plants issus de bouture de racines produisent généralement dès la deuxième année. Ceux issus de tiges ou de drageons peuvent donner quelques fruits dès la première saison, mais la récolte devient vraiment intéressante à partir de l’année suivante.

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs reviennent souvent chez les débutants et compromettent le taux de reprise. La première : bouturer à la mauvaise saison. Respectez les périodes indiquées selon votre méthode, le timing fait vraiment la différence.

Deuxième piège : trop arroser. Un substrat détrempé provoque la pourriture des boutures avant qu’elles n’aient eu le temps de s’enraciner. Le terreau doit rester frais, jamais gorgé d’eau. Vérifiez l’humidité en enfonçant votre doigt : s’il ressort humide, attendez avant d’arroser à nouveau.

Autre erreur fréquente : exposer les boutures en plein soleil. Les jeunes plants n’ont pas encore de racines fonctionnelles pour compenser la transpiration. Placez-les à mi-ombre jusqu’à ce qu’ils soient bien enracinés.

Négliger la désinfection des outils transmet maladies et champignons d’une coupe à l’autre. Un coup de chiffon imbibé d’alcool entre chaque prélèvement suffit à limiter drastiquement ces risques.

Dernier point : ne vous découragez pas si toutes vos boutures ne prennent pas. Un taux de réussite de 70 à 80% est déjà excellent, même pour les jardiniers expérimentés. Prévoyez toujours quelques boutures supplémentaires pour compenser les pertes naturelles.

🌱 Le petit plus
La multiplication est le moment idéal pour rajeunir votre plantation. Un framboisier produit bien pendant 8 à 10 ans. En bouturant régulièrement, vous maintenez une production élevée et renouvelez naturellement vos plants avant qu’ils ne s’épuisent.

Avec ces techniques, vous avez maintenant toutes les cartes en main pour multiplier vos framboisiers. Que vous choisissiez les racines pour leur vigueur, les tiges pour leur simplicité ou les drageons pour leur facilité de reprise, chaque méthode vous permettra d’agrandir votre petit verger sans investissement. À vous de jouer !

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Marie
Ecrit par

Marie

Éditrice en chef
Spécialiste des cultures potagères et des pratiques agroécologiques, elle décrypte les enjeux du jardinage moderne avec rigueur et douceur. Ses articles allient observation de terrain et respiration saisonnière, pour que chaque lecteur trouve sa place au potager.

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