Multiplier vos groseilliers sans dépenser un sou, c’est possible grâce au bouturage du cassissier. Cette technique de multiplication permet de reproduire à l’identique vos meilleures variétés de groseillier à grappes, groseillier à maquereau ou cassissier. Le principe est simple : prélever un morceau de rameau sur un pied sain et vigoureux, le planter dans un substrat adapté et le regarder s’enraciner pour devenir un nouveau plant autonome.
La bonne nouvelle ? Vous avez deux fenêtre de tir dans l’année pour bouturer vos groseilliers, chacune avec sa propre technique. Le choix dépendra surtout de votre calendrier et de vos préférences : la bouture d’hiver sur bois dormant offre un taux de reprise excellent mais demande de la patience, tandis que la bouture d’été sur bois semi-aoûté donne des résultats plus rapides mais nécessite un peu plus de surveillance.
Quand bouturer un groseillier ?
Le groseillier se bouture principalement à deux moments de l’année bien distincts. La première fenêtre se situe en hiver, de décembre à février, hors période de gel intense. À cette saison, le groseillier est en repos végétatif et ses rameaux sont lignifiés, ce qu’on appelle du bois dormant ou bois aoûté. C’est la période préférée des jardiniers expérimentés car les boutures demandent peu de soins et le taux d’enracinement est excellent.
La seconde opportunité arrive en été, entre juin et septembre. Les nouvelles pousses de l’année ne sont pas encore complètement lignifiées mais ont commencé à durcir : on parle alors de bois semi-aoûté. Cette technique donne des résultats plus rapides mais les boutures ont besoin d’un arrosage régulier pour ne pas se dessécher.
Bon à savoir
Le cassissier se bouture exactement de la même manière que le groseillier à grappes. Les deux appartiennent au même genre botanique (Ribes) et partagent les mêmes besoins de multiplication.
Bouture de groseillier en hiver (bois dormant)
Matériel nécessaire
Pour bouturer un groseillier en hiver, le matériel reste très accessible. Vous aurez besoin d’un sécateur bien affûté et désinfecté à l’alcool pour éviter toute transmission de maladie. Côté substrat, deux options s’offrent à vous : un mélange à parts égales de terreau et de sable pour une plantation en godet, ou directement la mise en terre dans un coin du potager si votre sol est suffisamment drainant.
L’hormone de bouturage n’est pas indispensable pour le groseillier qui s’enracine naturellement bien, mais elle peut améliorer le taux de reprise si vous débutez. Une étiquette pour noter la variété et la date complètera votre matériel, surtout si vous multipliez plusieurs types de groseilliers.
Technique pas à pas
Choisissez un rameau de l’année bien droit et vigoureux, d’environ 20 à 30 centimètres de longueur et de la grosseur d’un crayon. Prélevez-le sur un plant-mère en pleine santé, exempt de maladies et productif. La coupe doit se faire juste au-dessus d’un oeil à l’extrémité supérieure et légèrement en biseau sous un nœud à la base.
Supprimez tous les bourgeons sur les deux tiers inférieurs de la bouture en les frottant délicatement avec le pouce. Ne conservez que trois ou quatre yeux au sommet. Cette opération force la bouture à concentrer son énergie sur l’enracinement plutôt que sur le développement de feuilles.
Si vous plantez en godet, remplissez-le de votre mélange terreau-sable et enfoncez la bouture aux deux tiers de sa longueur. Tassez bien autour et arrosez modérément. Pour une plantation directement en pleine terre, une astuce consiste à regrouper trois boutures en triangle espacées de 10 centimètres : au moins une reprendra et vous pourrez transplanter les autres plus tard.
Bouture de groseillier en été (bois semi-aoûté)

Matériel et préparation
La bouture estivale demande le même sécateur propre, mais privilégiez cette fois un substrat plus drainant et léger. Un mélange de terreau et de sable à parts égales convient parfaitement. Prévoyez des godets individuels avec des trous de drainage et placez-les dans une mini-serre pas chère ou sous un sac plastique transparent pour maintenir l’humidité autour des feuilles.
Ne tuez plus jamais
vos plantes.
Photographiez-la : l'app identifie l'espèce, repère le problème et vous dit exactement quoi faire.
L’hormone de bouturage devient plus intéressante en été car la bouture herbacée a moins de réserves que le bois dormant. Un emplacement à l’ombre ou en lumière tamisée est indispensable : le soleil direct ferait flétrir les jeunes boutures en quelques heures.
Technique pas à pas
Prélevez un rameau de l’année en cours, semi-aoûté, c’est-à-dire ni trop tendre ni complètement durci. Il doit plier sans se casser net. Coupez une portion de 15 à 20 centimètres juste sous un nœud. Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure et réduisez de moitié les feuilles du haut pour limiter l’évaporation.
Trempez la base de la bouture dans l’hormone de bouturage si vous en utilisez, puis plantez-la dans votre godet en enfonçant environ un tiers de la tige. Tassez délicatement le substrat autour et arrosez en pluie fine. Installez ensuite votre cloche ou sac plastique transparent pour créer une atmosphère humide constante.
Aérez cette protection quelques minutes chaque jour pour éviter le développement de moisissures. L’arrosage doit maintenir le substrat légèrement humide sans jamais le détremper, ce qui ferait pourrir la base de la bouture avant l’enracinement.
Plantation et entretien des boutures
L’enracinement prend entre 6 et 8 semaines pour les boutures d’été, et plusieurs mois pour celles d’hiver qui ne démarreront vraiment qu’au printemps suivant. Vous saurez que votre bouture a pris quand de nouvelles feuilles apparaissent et que la tige résiste légèrement à une traction douce : c’est le signe que les racines se sont développées.
Les boutures d’hiver plantées directement en pleine terre resteront en place jusqu’à l’automne suivant. Celles en godet, qu’elles soient d’hiver ou d’été, passeront une saison complète en pot avant leur plantation définitive. Continuez d’arroser régulièrement pendant toute la première année pour favoriser un bon système racinaire.
La mise en terre définitive se fait idéalement en automne ou au début du printemps. Choisissez un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre, dans un sol enrichi de compost bien décomposé. Espacez vos jeunes plants de 1,20 à 1,50 mètre pour leur laisser la place de se développer. Un pralinage des racines avant plantation améliore la reprise en créant un contact intime entre les racines et le sol.
Astuce jardinier
Marquez vos boutures avec la variété et la date de prélèvement. Dans un an, vous aurez oublié quel groseillier donne les meilleures grappes, et ce petit geste vous permettra de sélectionner vos meilleurs plants pour la plantation définitive.
Conseils pour réussir vos boutures de groseillier
Le choix du pied-mère conditionne la qualité de vos futurs plants. Sélectionnez toujours un groseillier productif, en bonne santé, et qui correspond à vos attentes gustatives. La multiplication par bouture reproduit fidèlement les caractéristiques de la plante mère, autant en profiter pour ne garder que le meilleur.
Ne tuez plus jamais
vos plantes.
Photographiez-la : l'app identifie l'espèce, repère le problème et vous dit exactement quoi faire.
Pour les boutures d’hiver, plantez-en plusieurs car toutes ne reprendront pas forcément. Un taux de réussite de 70 à 80% est déjà très correct. Les boutures d’été demandent plus de surveillance mais affichent généralement un meilleur taux de reprise si l’humidité est bien gérée.
La patience reste votre meilleure alliée. Ne vous inquiétez pas si rien ne se passe pendant les premières semaines : l’enracinement se fait discrètement sous terre. Résistez à la tentation de tirer sur la bouture pour vérifier, vous risqueriez d’arracher les jeunes racines en formation.
Un dernier conseil qui change tout : prélevez vos boutures tôt le matin quand les tissus végétaux sont bien hydratés. Mettez-les immédiatement en terre ou conservez-les dans un linge humide si vous ne pouvez pas bouturer dans l’heure. Une bouture desséchée, même replantée, aura beaucoup plus de mal à s’enraciner qu’une bouture fraîche.
Avec ces deux techniques dans votre manche, vous pourrez multiplier vos groseilliers à volonté et même partager vos plus belles variétés avec vos voisins jardiniers. Dans deux ou trois ans, vos boutures produiront leurs premières grappes, et vous aurez la satisfaction d’avoir créé votre petit verger de A à Z sans dépenser un centime.