La bouture de clématite est une méthode simple et économique pour multiplier cette liane ornementale, avec un taux de réussite généralement estimé entre 50 et 70 % chez les jardiniers amateurs quand les conditions (substrat, hygrométrie, saison) sont correctement respectées. Elle se pratique surtout entre juin et juillet, en fin de printemps–début d’été, lorsque la plante est en pleine croissance.
Environ 60 % des boutures de clématite réussissent en condition amateur avec un substrat drainant et une hygrométrie maintenue entre 70 et 80 %.
Quand bouturer une clématite ?
Le timing fait toute la différence pour réussir vos boutures. Vous devez intervenir à un moment précis du cycle végétatif pour obtenir des rameaux de l’année en pleine forme.
La période optimale se situe entre juin et début juillet. C’est le moment où la plante est en croissance active, juste après la première vague de floraison. Les tiges sont alors semi-ligneuses : ni trop tendres (ce qui provoquerait du pourrissement), ni trop dures (ce qui freinerait l’enracinement).
Quelques repères pratiques pour bien choisir votre moment :
- Prélevez sur un pied d’au moins 2 ans, bien installé et vigoureux
- Évitez les périodes de forte chaleur ou de sécheresse
- Privilégiez une matinée fraîche, après une nuit sans pluie
- Certains jardiniers travaillent en lune descendante, même si l’effet reste à prouver scientifiquement
Une bouture herbacée réalisée trop tôt au printemps risque de pourrir. À l’inverse, une bouture semi-ligneuse prise trop tard en été aura du mal à s’enraciner avant l’hiver.
Préparer le matériel et choisir les tiges
Matériel nécessaire
Avant de commencer, rassemblez tout votre équipement. Chaque détail compte pour limiter les risques de contamination ou de déshydratation des boutures.
Voici la liste précise :
- Un sécateur propre, désinfecté à l’alcool à 70°
- De l’hormone de bouturage en poudre (auxine)
- Un mélange de terreau léger et de sable (50/50) pour un substrat drainant
- Des godets individuels avec trous de drainage
- Un pulvérisateur rempli d’eau non calcaire
- Du film plastique transparent ou une mini-serre
Le substrat drainant joue un rôle majeur : l’excès d’humidité est la première cause d’échec. Le mélange terreau-sable assure à la fois une bonne rétention d’eau et une évacuation rapide du surplus.
Sélection des rameaux
Toutes les tiges de votre clématite ne conviennent pas. Vous devez repérer les rameaux de l’année, souples mais déjà un peu fermes à la base.
Les critères de sélection :
- Choisissez des tiges de 10 à 15 cm de long
- Vérifiez qu’elles portent au moins 2 à 3 paires de feuilles
- Repérez les nœuds (renflements où s’insèrent les feuilles) et les entre-nœuds
- Préférez les rameaux sans fleur ni bouton floral
- Écartez les tiges malades, tachées ou abîmées
Un rameau sain présente un feuillage vert vif, sans trace de dessèchement. Les œils (bourgeons dormants) bien formés au niveau des nœuds sont un signe de vitalité.
Comment réaliser les boutures de clématite ?

Coupe et préparation
La façon dont vous coupez la tige influence directement la reprise. Chaque geste doit être précis pour ne pas écraser les tissus végétaux.
Étapes de coupe :
- Sectionnez la tige juste sous un nœud, en biais, d’un coup net
- Supprimez la paire de feuilles du bas pour dégager 2 à 3 cm de tige nue
- Réduisez de moitié les feuilles restantes pour limiter l’évapotranspiration
- Trempez immédiatement la base dans l’hormone de bouturage
La coupe en biais augmente la surface d’absorption. Attention à ne pas laisser traîner les boutures : elles se déshydratent très vite. Travaillez rapidement, à l’ombre.
L’hormone de bouturage augmente le taux de réussite de 20 à 30 %. Tapotez légèrement la tige après trempage pour retirer l’excédent de poudre.
Plantation
Une fois vos boutures préparées, passez à la mise en godet sans tarder. L’humidité et l’ombrage seront vos meilleurs alliés les premières semaines.
Marche à suivre :
- Remplissez chaque godet avec le mélange terreau-sable
- Tassez légèrement, puis humidifiez au pulvérisateur
- Faites un trou avec un crayon au centre du substrat
- Insérez la bouture jusqu’au premier nœud restant
- Tassez délicatement autour de la tige
- Placez les godets sous film plastique ou en mini-serre
Installez vos boutures dans un endroit lumineux sans soleil direct. Un ombrage léger est idéal : trop de lumière brûle le feuillage fragile, trop peu freine la photosynthèse.
Entretenir les boutures jusqu’à la reprise
Les trois premières semaines sont décisives. Pendant cette phase, la bouture va épuiser ses réserves pour fabriquer des racines. Votre rôle : maintenir une humidité constante sans noyer le substrat.
Gestes d’entretien quotidiens :
- Pulvérisez le feuillage chaque matin pour maintenir l’hygrométrie
- Vérifiez que le substrat reste frais, jamais détrempé
- Aérez 5 minutes par jour en soulevant le film plastique
- Surveillez l’apparition de moisissures ou de feuilles qui jaunissent
L’enracinement démarre généralement après 3 à 4 semaines. Vous le constatez par l’apparition de nouvelles pousses ou une résistance légère quand vous tirez doucement sur la tige.
Signes de reprise : croissance de jeunes feuilles, tiges qui se raffermissent, racines blanches visibles par les trous de drainage. Patientez encore 2 semaines avant de rempoter dans un contenant plus grand.
- Boutures trop longues (>20 cm) : elles s’épuisent avant de s’enraciner
- Arrosage excessif : le substrat gorgé d’eau fait pourrir la base
- Exposition au soleil direct : les feuilles grillent en quelques heures
- Rempotage prématuré : attendez que les racines soient bien développées
Plantation définitive et alternative par marcottage
Après 6 à 8 semaines, vos boutures racinées peuvent être rempotées dans un terreau plus riche. Attendez le printemps suivant pour la plantation définitive en pleine terre, surtout en zone 4 où les hivers sont rigoureux.
Installez les jeunes plants à mi-ombre les premières années, dans un sol frais et bien drainé. Un paillis au pied limite l’évaporation et protège le système racinaire.
Si le bouturage vous semble délicat, une alternative existe : le marcottage. Cette technique consiste à enterrer une tige basse de la clématite tout en la laissant attachée au pied mère. Elle s’enracine naturellement en quelques mois, avec un taux de réussite proche de 90 %.
Pour marcotter, choisissez une tige souple en été, creusez une tranchée peu profonde, maintenez la partie enterrée avec un cavalier métallique et gardez le substrat frais. Sevrez la nouvelle plante au printemps suivant une fois les racines bien développées.
Que vous optiez pour la bouture semi-ligneuse ou le marcottage, vous multipliez votre collection de clématites sans frais. Ces méthodes demandent un peu de patience, mais le plaisir de voir vos propres plants grimper sur un treillage vaut largement l’investissement de temps.