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Réussir une bouture de glycine étape par étape

Marie
Marie
juin 24, 2026 7 min Mis a jour le juin 16, 2026
Main coupant une tige de glycine en pot

Vous admirez la magnifique glycine de votre voisin et rêvez d’en avoir une identique dans votre jardin ? Plutôt que d’acheter un jeune plant, pourquoi ne pas tenter le bouturage ? Cette technique de multiplication, accessible même aux débutants, permet d’obtenir une nouvelle plante à partir d’un simple rameau prélevé sur un pied existant.

La glycine se prête remarquablement bien au bouturage, à condition de respecter quelques règles simples concernant la période, le choix des tiges et l’atmosphère d’enracinement. Voici tout ce qu’il faut savoir pour réussir cette opération du premier coup.

Bon à savoir

Le taux de réussite d’une bouture de glycine avoisine les 70 à 80 % lorsqu’elle est prélevée au bon moment sur une tige saine et non fleurie. La patience reste votre meilleur allié : comptez 6 à 8 semaines avant de voir les premières racines se former.

Quand bouturer la glycine ?

Le calendrier joue un rôle déterminant dans la réussite d’une bouture de glycine. Deux périodes se distinguent selon le type de rameau que vous souhaitez prélever.

Les boutures herbacées se réalisent en juin-juillet, sur des tiges de l’année encore vertes et souples. Ces jeunes pousses s’enracinent rapidement mais demandent une surveillance accrue de l’humidité. Si vous habitez une région où les étés sont caniculaires, cette période peut s’avérer délicate : la chaleur excessive stresse la bouture et complique la reprise.

Les boutures semi-aoûtées, prélevées en août-septembre, offrent un meilleur compromis. À cette saison, les rameaux commencent à se lignifier : ils conservent une base souple mais leur extrémité durcit légèrement. Cette semi-maturité confère à la bouture une meilleure résistance à la déshydratation tout en maintenant une bonne capacité d’enracinement. C’est la méthode privilégiée par la plupart des jardiniers expérimentés.

L’été reste donc la saison idéale pour multiplier votre glycine. Évitez absolument le printemps : les tiges sont trop jeunes et gorgées de sève, ce qui favorise le pourrissement plutôt que l’enracinement. De même, l’automne avancé ne laisse pas assez de temps à la bouture pour développer un système racinaire solide avant l’hiver.

Matériel nécessaire pour bouturer une glycine

Préparez votre équipement avant de commencer. Un bon matériel fait la différence entre une bouture qui reprend et une autre qui dépérit.

  • Un sécateur propre et bien affûté, désinfecté à l’alcool pour éviter de transmettre des maladies
  • Des godets ou petits pots de 8 à 10 cm de diamètre, percés au fond
  • Du terreau léger, idéalement un mélange spécial bouturage composé de tourbe et de sable
  • Un substrat léger alternatif : moitié terreau, moitié sable de rivière ou perlite
  • De l’hormone de bouturage en poudre (facultatif mais recommandé pour accélérer l’enracinement)
  • Un vaporisateur pour maintenir l’humidité ambiante
  • Une mini-serre ou des sacs plastiques transparents pour créer une atmosphère confinée

Le choix du substrat mérite une attention particulière. La glycine déteste les sols lourds et compacts qui retiennent trop l’eau. Un mélange drainant permet aux racines naissantes de respirer tout en conservant une humidité suffisante. Si vous n’avez pas de terreau de bouturage sous la main, mélangez simplement du terreau universel avec du sable dans des proportions égales.

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Comment bouturer la glycine : étapes

Jardinier coupant une tige verte de glycine

Prélever la bouture

Choisissez une tige de l’année, saine et vigoureuse, qui ne porte pas de fleurs. Les rameaux fleuris concentrent leur énergie sur la reproduction et non sur l’enracinement, ce qui compromet la réussite de votre bouture. Privilégiez une pousse latérale plutôt qu’une tige principale.

Coupez un segment de 10 à 15 cm de longueur, juste en dessous d’un nœud (le point d’insertion d’une feuille sur la tige). Cette zone contient une concentration élevée de cellules capables de produire des racines. Réalisez une coupe nette et franche : un écrasement des tissus favorise les infections et ralentit la cicatrisation.

Supprimez toutes les feuilles de la moitié inférieure de la bouture pour limiter l’évaporation. Sur la partie supérieure, conservez seulement deux ou trois feuilles que vous pouvez réduire de moitié pour diminuer encore la perte d’eau. Chaque feuille continue à transpirer : moins il y en a, moins la bouture se déshydrate en attendant que les racines se forment.

Trempez la base de votre bouture dans l’hormone de bouturage. Ce geste facultatif stimule la formation de racines et augmente significativement vos chances de succès. Tapotez légèrement pour éliminer l’excédent de poudre : une couche fine suffit.

Planter et faire reprendre la bouture

Remplissez vos godets avec le substrat léger préalablement humidifié. Avec un crayon, pratiquez un trou au centre pour éviter de frotter l’hormone lors de l’insertion. Enfoncez la bouture sur 4 à 5 cm de profondeur, soit environ un tiers de sa longueur. Tassez délicatement le terreau autour de la tige pour assurer un bon contact.

Placez immédiatement vos godets sous mini-serre ou glissez-les dans des sacs plastiques transparents maintenus avec un élastique. Cette atmosphère confinée maintient une humidité constante autour des feuilles, condition indispensable à la reprise. La température idéale se situe entre 20 et 22 °C : un rebord de fenêtre lumineux mais sans soleil direct convient parfaitement.

Vaporisez le feuillage tous les jours pendant les trois premières semaines. Le substrat doit rester frais mais jamais détrempé : l’excès d’eau fait pourrir la base de la bouture. Après un mois, aérez progressivement en ouvrant la mini-serre quelques heures par jour. Les racines commencent à se développer et la plante peut supporter une atmosphère moins humide.

L’erreur à éviter

Beaucoup de jardiniers débutants tirent sur la bouture au bout de trois semaines pour vérifier l’enracinement. Ce geste arrache les jeunes racines fragiles et condamne la plante. Soyez patient : attendez 6 à 8 semaines avant de manipuler votre bouture.

La mise en terre au jardin intervient le printemps suivant, lorsque les racines ont bien colonisé le godet et que tout risque de gel est écarté. Avant la plantation définitive, certains jardiniers recommandent de praliner les racines : trempez-les quelques secondes dans un mélange boueux de terre et d’eau qui favorise la reprise. Installez votre jeune glycine dans un trou enrichi de compost, en situation ensoleillée contre un support solide.

Le marcottage, une alternative au bouturage

Si le bouturage vous semble trop technique ou si vos premières tentatives ont échoué, le marcottage offre une excellente alternative pour multiplier votre glycine. Cette méthode ancestrale consiste à faire enraciner une tige sans la détacher du pied mère, ce qui garantit un taux de réussite proche de 100 %.

Le principe est simple : au printemps, choisissez un rameau souple de l’année précédente situé près du sol. Griffez légèrement l’écorce sur une portion de 10 cm à l’aide de votre sécateur, puis enterrez cette zone griffée sous 5 à 8 cm de terre tout en laissant l’extrémité de la tige sortir du sol. Maintenez cette portion enterrée avec un cavalier ou une grosse pierre.

La tige continue de recevoir eau et nutriments depuis la plante vivace mère tout en développant ses propres racines au niveau de la zone enterrée. Après une saison de croissance complète (8 à 12 mois), les racines sont suffisamment développées pour permettre le sevrage. Coupez alors la connexion avec le pied mère et transplantez votre nouvelle glycine à l’emplacement souhaité.

Le marcottage demande moins d’attention quotidienne que le bouturage et convient particulièrement aux jardiniers qui préfèrent les techniques naturelles sans substrat ni hormone. Son principal inconvénient ? Il faut attendre plus longtemps avant d’obtenir une plante indépendante, et la multiplication reste limitée à quelques nouveaux pieds par saison.

Que vous choisissiez le bouturage en août ou le marcottage au printemps, vous disposerez bientôt de nouvelles grimpantes parfumées pour habiller vos murs, pergolas ou clôtures. La glycine récompense toujours la patience : attendez-vous aux premières floraisons spectaculaires dans deux à trois ans après la plantation au jardin.

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Marie
Ecrit par

Marie

Éditrice en chef
Spécialiste des cultures potagères et des pratiques agroécologiques, elle décrypte les enjeux du jardinage moderne avec rigueur et douceur. Ses articles allient observation de terrain et respiration saisonnière, pour que chaque lecteur trouve sa place au potager.

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