Techniques naturelles

Comment bouturer des rosiers : quand s’y prendre, avec quel matériel et en quelles étapes ?

Nina
Nina
octobre 23, 2026 6 min
Mains plantant une tige verte dans du terreau

Multiplier un rosier par bouture ne demande ni serre ni diplôme d’horticulteur. Il suffit d’un sécateur propre, d’une tige saine, d’un pot rempli de terreau drainant et d’un peu de patience. Voici la méthode, puis le calendrier, les erreurs qui font échouer un bouturage et les chiffres à connaître pour ne pas se décourager.

Comment bouturer un rosier, étape par étape

La technique la plus courante consiste à prélever une tige semi-aoûtée, c’est-à-dire ni trop tendre ni complètement ligneuse, juste après la floraison. Voici le déroulé complet, du prélèvement au rempotage.

  1. Choisir la tige : un rameau en bonne santé qui vient de fleurir, de la grosseur d’un crayon, souple mais déjà un peu ferme à la base. Évitez les pousses molles ou marquées de taches.
  2. Couper : avec un sécateur désinfecté, prélevez un tronçon de 15 à 20 cm comportant 3 ou 4 nœuds. La coupe du bas se fait en biseau, juste sous un nœud, celle du haut bien droite, quelques millimètres au-dessus d’un autre nœud.
  3. Effeuiller : retirez les feuilles du bas et les boutons floraux. Gardez une ou deux feuilles en haut, coupées de moitié pour limiter l’évaporation.
  4. Appliquer la poudre d’enracinement : humidifiez la base de la bouture, trempez-la dans la poudre ou l’hormone d’enracinement, puis tapotez pour retirer l’excédent.
  5. Planter : dans un pot de 10 à 15 cm rempli d’un mélange de terreau et de sable ou de perlite, faites un trou au crayon, glissez la tige sur la moitié de sa hauteur et tassez doucement.
  6. Maintenir l’humidité : couvrez d’un sac plastique transparent ou d’une bouteille coupée, posez le pot à l’ombre lumineuse et aérez de temps en temps.
  7. Rempoter : quand de nouvelles feuilles apparaissent et que des racines sortent par le fond du pot, c’est gagné.

Quand bouturer les rosiers : printemps, été ou automne ?

Deux périodes donnent de bons résultats. L’été, de juin à septembre, convient à la tige semi-aoûtée, qui s’enracine vite si l’humidité reste constante. L’automne, d’octobre à novembre, se prête à la bouture de bois dur, avec une tige entièrement aoûtée, qui passe l’hiver dehors et s’enracine au retour des beaux jours.

Le printemps est possible avec de jeunes pousses, mais elles restent fragiles et se dessèchent vite. Si vous hésitez, visez la fin de la première floraison.

Période Type de tige Où planter Enracinement
Juin à septembre Semi-aoûtée Pot, sous cloche ou sac plastique 4 à 8 semaines
Octobre à novembre Aoûtée (bois dur) Pleine terre en sol drainant, ou pot en extérieur Jusqu’au printemps suivant

Le matériel nécessaire pour réussir sa bouture

Sécateur rouge, pots et bouteille transparente sur table

Le matériel tient dans une petite caisse. Il vous faut un sécateur bien affûté et désinfecté à l’alcool, des pots avec trous de drainage, du terreau léger à mélanger avec du sable ou de la perlite, et de la poudre d’enracinement. Un sac plastique ou une bouteille transparente complète l’ensemble pour garder l’humidité autour de la feuille.

Pour la bouture d’automne, le pot n’est même pas obligatoire : une tranchée de terre ameublie dans un coin abrité du jardin suffit, à condition que le sol soit drainant. Un excès d’eau stagnante fait pourrir la base de la tige avant l’apparition des racines.

L’astuce de la pomme de terre pour enraciner sa bouture

Cette méthode de grand-mère consiste à piquer la base de la tige dans une pomme de terre, préalablement percée d’un trou, puis à enterrer le tout dans le pot ou en pleine terre. Le tubercule libère de l’humidité autour de la bouture et protège la coupe du dessèchement.

Son efficacité n’est pas prouvée scientifiquement, et certains jardiniers constatent des pourritures quand la pomme de terre est trop humide. Si vous la testez, utilisez un tubercule sain, sans germes, et réalisez en parallèle quelques boutures classiques pour comparer.

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Taux de réussite : comptez une bouture sur deux

Pour un rosier buisson, un taux de 30 à 60 % est courant. Multipliez donc les essais : préparez 5 à 10 boutures pour obtenir 2 ou 3 jeunes rosiers. Les rosiers anciens, botaniques et couvre-sol s’enracinent en général mieux que les hybrides de thé.

Les erreurs qui font échouer un bouturage

La première erreur vient de la tige elle-même. Une pousse trop jeune, verte et molle, pourrit avant de s’enraciner, tandis qu’une branche trop vieille, à l’écorce brune et dure, met des mois à réagir, quand elle réagit. Visez le juste milieu, souple mais ferme. Notre guide détaille la période et le choix des tiges pour bouturer un rosier.

Deuxième piège : l’absence de nœud en bas de la bouture. C’est à cet endroit que se forment les racines, donc une coupe trop éloignée du nœud réduit fortement les chances. Troisième cause d’échec, le pot trop arrosé : le terreau doit rester frais, jamais détrempé. Un arrosage léger, quand la surface commence à sécher, vaut mieux qu’un apport copieux.

Enfin, un pot exposé en plein soleil sous plastique fait monter la température et grille la bouture. Une ombre lumineuse est préférable, et un coup d’aération quotidien évite les moisissures sur la feuille.

Après l’enracinement : rempotage et plantation

Jeune bouture verte sous sac plastique transparent

Comptez quatre à huit semaines pour une bouture d’été. Un léger tirage sur la tige indique si elle résiste, signe que les racines sont en place. Retirez progressivement le sac plastique pour habituer la jeune plante à l’air libre.

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Rempotez ensuite dans un pot plus grand avec du terreau riche, et gardez le jeune rosier à l’abri du gel la première année. La plantation en pleine terre se fait à l’automne ou au printemps suivant, dans un sol drainant et ameubli, en pleine lumière.

Greffage et marcottage : les autres méthodes de multiplication

Le bouturage n’est pas la seule voie. Le marcottage consiste à coucher une longue tige souple, à l’enterrer en partie et à attendre qu’elle s’enracine avant de la sevrer du pied mère : c’est lent, mais le taux de réussite est élevé. Le greffage, lui, est réservé aux jardiniers expérimentés et aux pépiniéristes, car il demande de la technique et un porte-greffe adapté.

Notez enfin qu’un rosier acheté greffé donnera, une fois bouturé, un plant sur ses propres racines, parfois moins vigoureux que l’original. Certaines variétés sont par ailleurs protégées : leur bouture reste possible pour votre jardin, mais pas pour la vente.

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