Calendrier potager

Comment réussir la bouture de mûrier : la méthode complète

Nina
Nina
août 9, 2026 6 min
Main de jardinier plantant branche de murier en pot

Le mûrier, qu’il s’agisse du Morus alba ou du Morus nigra, se multiplie facilement par bouturage. Cette technique vous permet de reproduire fidèlement un arbre qui vous plaît — son goût de fruits, sa vigueur, son port — sans passer par les semis dont les résultats restent aléatoires. Voici la marche à suivre pour multiplier vos mûriers gratuitement.

Pourquoi bouturer un mûrier ?

Le bouturage du mûrier présente plusieurs avantages concrets. Vous obtenez un clone exact de l’arbre mère, ce qui garantit les mêmes caractéristiques : qualité des fruits, résistance, forme de croissance. Cette méthode est aussi économique, puisqu’elle ne coûte rien si vous possédez déjà un pied ou si vous récupérez des tiges chez un voisin.

Contrairement au marcottage qui demande plus de temps, la bouture permet de multiplier rapidement plusieurs plants. Elle reste accessible aux jardiniers débutants, même si le taux de reprise du mûrier n’égale pas celui du saule ou du peuplier. Avec les bons gestes et un peu de patience, la réussite est au rendez-vous.

Quand bouturer un mûrier : la meilleure période

Le calendrier du bouturage varie selon le type de bouture choisi. Pour les boutures ligneuses, intervenez en automne ou en hiver, entre novembre et mars, lorsque l’arbre est au repos végétatif. Les tiges sont alors bien aoûtées, dures, sans feuillage. Cette période offre un bon taux de réussite pour les rameaux de l’année précédente.

Si vous préférez les boutures semi-aoûtées, privilégiez le printemps ou le début d’été, entre mai et juillet. Les tiges sont à mi-chemin entre le bois tendre et le bois dur, avec un feuillage naissant. Cette option demande plus d’attention en termes d’humidité, mais l’enracinement s’amorce souvent plus vite grâce à la montée de sève.

Bon à savoir
Les boutures aoûtées prélevées en automne présentent généralement un meilleur taux de reprise que les boutures semi-aoûtées d’été, qui nécessitent un suivi plus rigoureux de l’arrosage.

Comment réussir la bouture du mûrier étape par étape

Mains coupant rameau de murier sur table en bois

Préparer les boutures

Commencez par sélectionner des tiges saines, vigoureuses, d’un diamètre d’environ 6 à 10 mm. Choisissez des rameaux de l’année pour les boutures semi-aoûtées, ou du bois de l’année précédente pour les boutures ligneuses. Évitez les branches malades, trop fines ou portant des bourgeons floraux.

Avec un sécateur bien affûté et désinfecté, coupez des tronçons de 15 à 20 cm de longueur. La coupe doit être franche, en biais juste sous un nœud à la base, et droite au sommet. Sur les boutures semi-aoûtées, conservez 2 à 3 feuilles en haut de la tige et supprimez les autres pour limiter l’évaporation. Pour les boutures ligneuses, le feuillage est naturellement absent.

Retirez les feuilles du tiers inférieur de la bouture : cette partie sera enterrée. Si vous utilisez de l’hormone de bouturage en poudre, trempez l’extrémité coupée sur 1 à 2 cm pour stimuler la formation des racines, sans que cela soit indispensable.

Ne Tuez Plus Jamais une Plante

Identifiez, soignez et entretenez toutes vos plantes comme un pro.
Télécharger l'app Gratuit — Sans carte bancaire

Planter les boutures

Préparez un substrat léger et drainant. Un mélange de terreau et de sable à parts égales convient bien. Remplissez des godets individuels ou une caissette profonde d’au moins 15 cm. Le drainage est clé : si l’eau stagne, les tiges pourrissent avant d’enraciner.

Enfoncez chaque bouture au tiers de sa hauteur dans le substrat, soit environ 5 à 7 cm. Tassez doucement autour de la tige pour assurer un bon contact avec le terreau. Espacez les boutures de 10 cm si vous plantez en caissette, pour faciliter leur reprise individuelle.

Arrosez copieusement après la plantation, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le fond du contenant. Le substrat doit rester frais mais jamais détrempé. Placez les godets dans un endroit protégé des vents et du soleil direct : un châssis, une serre de jardin pas chère ou un coin abrité du jardin.

Entretien et reprise des boutures

Les premières semaines déterminent la réussite de l’enracinement. Maintenez le substrat légèrement humide en arrosant régulièrement, sans noyer les tiges. Un excès d’eau provoque la pourriture, tandis qu’un manque fait sécher la bouture avant qu’elle n’ait pu former des racines.

La formation des racines prend 4 à 8 semaines selon la saison et les conditions, comme pour une bouture de figuier. Vous saurez que l’enracinement a démarré lorsque de nouvelles pousses ou de jeunes feuilles apparaissent sur la tige. Autre signe : une légère résistance quand vous tirez délicatement la bouture. Attention, ne forcez jamais pour vérifier, au risque de casser les racines naissantes.

Une fois les racines bien développées — généralement après 2 à 3 mois — vous pouvez transplanter chaque plant dans un pot plus grand ou directement en pleine terre si la saison le permet. Choisissez un emplacement ensoleillé ou mi-ombragé, dans un sol riche et bien drainé. Arrosez régulièrement la première année pour accompagner la croissance.

Erreurs fréquentes à éviter
Ne prélevez jamais des tiges trop jeunes ou trop tendres : elles se dessèchent avant d’enraciner. Évitez aussi d’arroser trop souvent : un substrat constamment gorgé d’eau fait pourrir la base de la bouture, comme pour la bouture d’olivier.

Astuces pour optimiser vos boutures de mûrier

L’utilisation d’une hormone de bouturage augmente vos chances de réussite, surtout si vous débutez ou si vous travaillez avec une variété réputée plus délicate. Ces poudres ou gels stimulent la formation des racines et réduisent le temps d’enracinement. Elles restent facultatives, mais constituent une aide précieuse.

Ne Tuez Plus Jamais une Plante

Identifiez, soignez et entretenez toutes vos plantes comme un pro.
Télécharger l'app Gratuit — Sans carte bancaire

Pour les boutures semi-aoûtées en été, pensez à maintenir une bonne humidité atmosphérique autour du feuillage. Vous pouvez couvrir les godets d’un film plastique transparent ou d’une cloche, en aérant régulièrement pour éviter le développement de moisissures. Cette mini-serre limite l’évaporation et favorise la reprise.

Si le bouturage vous semble trop incertain, le marcottage représente une alternative fiable. Courbez une branche basse du mûrier jusqu’au sol, enterrez-la partiellement en laissant l’extrémité dépasser, puis attendez qu’elle s’enracine naturellement avant de la sevrer. Cette technique demande plus de temps mais offre un taux de réussite supérieur, particulièrement apprécié des jardiniers prudents.

Enfin, multipliez vos essais. Préparez plusieurs boutures à la fois : certaines ne prendront pas, d’autres donneront de beaux plants vigoureux. C’est la règle du jeu en multiplication végétative. Avec un peu de pratique, vous maîtriserez rapidement les bons réflexes pour obtenir vos propres mûriers et les partager autour de vous.

Partager cet article
4,6/5 (50 votes)

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *